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Bamba Fall : «Nous ne laisserons rien en rade pour tirer Khalifa Sall d’affaire»

A quelques heures de l’ouverture du procès de Khalifa Sall et Cie dans l’affaire de la Caisse d’avance, c’est la grande mobilisation dans le camp du maire de Dakar. Dans cet entretien accordé à L’Observateur, le maire de la Médina, fidèle lieutenant de Khalifa Sall, renseigne qu’ils renforceront la mobilisation et rien ne sera laissé en rade pour sortir leur leader des mains de Dame Justice. Bamba Fall a aussi fustigé «l’acharnement» dont Khalifa Sall est victime.

Khalifa Sall et Cie sont renvoyés en audience demain, au moment où ses avocats ont saisi la Cour suprême. Quelle lecture en faites-vous ?

Ce qu’il faut signaler, c’est que Khalifa Sall a été emprisonné injustement et ses droits ont été violés depuis le début. Après la Justice, c’est au tour de l’Assemblée nationale d’entrer dans la danse, en violant également ses droits. Pis, l’institution parlementaire a violé ses propres textes pour livrer Khalifa Sall à la Justice. Et à notre grande désolation, nous avons constaté comment la machine judiciaire a été accélérée pour que coûte que coûte, Khalifa Sall soit jugé et emprisonné. Nous sommes des politiciens et nous savons ce que l’Etat veut et à quoi il joue. Il veut simplement éliminer un potentiel adversaire à la Présidentielle de 2019. Parce qu’actuellement, tout le monde sait que ce n’est plus une question d’argent. Quand nous avons cautionné à hauteur de 2 milliards FCfa, ils ont refusé le cautionnement, en parlant d’une caution en biens immobiliers. Alors qu’il y a les exemples du maire de NGoundiane, Mbaye Dione, de Ndèye Khady Diop et tant d’autres responsables, qui ont cautionné en biens immobiliers. Donc c’est clair que ce n’est pas l’argent de la Caisse d’avance qui les intéresse. C’est une fausse accusation. Car qui veut tuer son chien l’accuse de rage. Khalifa Sall est un adversaire qu’on veut éliminer. Il a fait plus de huit mois de détention et c’est la jurisprudence Barthélémy Dias qu’ils veulent reconduire. C’est-à-dire qu’ils peuvent le libérer le même jour, mais en le condamnant au minimum six mois pour l’empêcher d’être candidat en 2019. Leur stratégie est de faire perdre à Khalifa Sall ses droits civiques. C’est ce qu’ils cherchent et depuis le départ, rien n’a été respecté.

Au-delà de la bataille judiciaire, qu’est-ce que vous comptez faire ?

C’est une affaire purement politique. Les avocats sont en train de faire leur travail, selon les règles de droit. A notre niveau, nous allons continuer à le soutenir. Mieux, nous allons renforcer la mobilisation pour le tirer d’affaire. Mais devant un Etat décidé à éliminer un adversaire politique, un potentiel candidat en 2019, comme ils l’ont fait avec Karim Wade, ça ne sera pas facile. C’est difficile de se battre contre un Etat qui a derrière lui le pouvoir législatif, avec sa majorité mécanique à l’Assemblée nationale. Mais nous ne baisserons pas la garde et nous allons mener le combat jusqu’au bout. La liquidation de Khalifa Sall n’a pas commencé avec son arrestation et son incarcération depuis huit mois. Aujourd’hui, tous les lieutenants de Khalifa Sall, Barthélémy Dias, moi-même, son directeur cabinet, Birane Kane Ndiaye, et d’autres, nous sommes tous en liberté conditionnelle. Ce qui montre qu’ils ont bien préparé leur forfaiture. Mais la vérité jaillira un jour.

A quelques heures de l’ouverture du procès, quel plan d’actions avez-vous prévu concrètement pour appuyer Khalifa Sall et Cie ?

Le procès est une affaire judiciaire et il appartiendra à la Justice de faire son travail. Mais cela ne nous empêchera pas de mener notre combat politique. Nous continuerons à nous mobiliser pour le soutenir physiquement et moralement. Cependant, à la salle d’audience, le procès opposera les juges et les avocats. C’est pourquoi les avocats sont en train de se constituer pour le tirer d’affaire. En ce qui nous concerne, nous continuerons de lui témoigner notre affection et notre soutien. Mais face à cette forfaiture que le gouvernement est en train d’orchestrer, nous pensons que tout Dakar va se lever pour dire basta ! C’est tout le Sénégal et plus particulièrement Dakar, qui est concerné par cette affaire. Parce que tout le monde sait maintenant que ce n’est plus une affaire de Caisse d’avance, mais une histoire d’élimination d’un candidat à la Présidentielle de 2019 qui peut amener Macky Sall au deuxième tour et le battre même. C’est pourquoi nous ne négligerons rien et nous sommes en train de faire le maximum pour utiliser l’ensemble des recours possibles pour sauver Khalifa Sall.

Etes-vous d’avis que Khalifa Sall peut être révoqué de la mairie Dakar s’il est condamné ?

On n’est pas encore à ce stade. Et perdre la mairie de Dakar, c’est une autre affaire. Parce que la condamnation définitive est très loin de l’ouverture d’un procès. Pour que Khalifa Sall soit condamné définitivement, il faut qu’on épuise l’ensemble des recours. Et après le procès, il y a la Chambre d’accusation, la Cour suprême, la justice internationale (Cedeao,…) comme recours qui peuvent bloquer le verdict.

Avez-vous espoir que Khalifa Sall s’en sorte ?

Dieu est grand. Il est là pour tout le monde. Certes, le pouvoir est en train de tout faire pour le condamner, mais Dieu est encore là.

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