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Exil forcé de Karim Wade : Les cadres du Pds dénoncent un «mensonge d’Etat»

Dans un communiqué, la Fédération nationale des cadres libéraux (Fncl) dément les tenants du pouvoir et qualifient de «sortie grotesque de maitre de l’imposture et grand adepte de Tartuffe», le communiqué de l’Apr. Toutefois, les cadres demandent au régime de prouver que Karim Wade n’est pas en exil forcé.

Réponse du berger à la bergère. Par le biais d’un communiqué, la Fédération nationale des cadres libéraux (Fncl), dirigée par le Dr Cheikh Tidiane Seck, a vigoureusement répondu, hier, au porte-parole national de l’Alliance pour la République (Apr) Seydou Guèye.

Celui-ci, réagissant à une correspondance dans laquelle Karim Wade dénonce un “exil forcé’’ dont il fait l’objet, avait déclaré que c’est “sur la base d’une lettre de l’émir du Qatar, appuyant une requête de la famille Wade, que le président de la République Macky Sall a accordé, pour des raisons humanitaires, une grâce présidentielle à monsieur Karim Wade’’.

Une déclaration qui aura le mérite de sortir les cadres libéraux de leurs gonds. La Fncl de revenir sur les péripéties, jusque-là non élucidées, de la libération de leur candidat. D’une part, elle trouve “absurde’’ que le gouvernement, qui n’a accordé “aucune importance aux demandes des chefs religieux’’, puisse se soumettre si facilement à la volonté de l’émir.

D’autre part, les libéraux en veulent au porte-parole du gouvernement qui, selon leurs dires, a déclaré que l’Exécutif s’est soumis automatiquement à la volonté de Doha dans cette affaire. “Nous sommes donc surpris et étonnés d’apprendre, par le porte-parole du gouvernement et porte-parole national de l’Apr, que l’Exécutif s’est soumis automatiquement à l’exigence de l’émir du Qatar, alors qu’il l’avait refusé aux chefs religieux’’, pestent-ils dans leur missive. Les cadres libéraux trouvent ainsi “grotesque’’ cette sortie du ministre Seydou Guèye qu’ils qualifient, à l’instar de ses camarades de parti, de “maîtres de l’imposture et grands adeptes de Tartuffe’’.

Furax, les poulains de maitre Abdoulaye Wade comparent les péripéties de la libération de Karim Wade à un film hollywoodien, dont les acteurs principaux ont pour noms : le président de la République Macky Sall, son ministre de la Justice Me Sidiki Kaba, le procureur général du Qatar, le directeur de l’Administration pénitentiaire ainsi que les véhicules de police banalisés encadrant l’exdétenu célèbre de la prison de Rebeuss.

Pour les libéraux, ceci n’est ni plus ni moins qu’une “déportation’’. “Tout le périmètre de l’aéroport était quadrillé, l’Internet coupé. Ceci démontre, à suffisance, son absence de liberté de mouvement et l’exil forcé qui lui a été imposé. Oser dire le contraire, c’est verser dans la manipulation et le mensonge d’Etat’’, fulminent les cadres libéraux. Poursuivant, les camarades de Dr Cheikh Tidiane Seck interpellent le gouvernement sur les questions suivantes : “Comment un détenu peut sortir librement et régulièrement de la prison, pendant la nuit ? Pourquoi ne l’a (Karim Wade) t-on pas laissé sortir le jour, parader avec ses fans et se rendre à Touba comme il l’avait souhaité ?’’…

Tout cela, selon eux, prouve à suffisance que leur candidat s’est retrouvé hors du Sénégal contre son gré. “Un détenu qui sort librement et régulièrement de prison ne quitte pas les liens de la détention par une porte dérobée, transporté par un véhicule de l’Administration pénitentiaire, accompagné du directeur de la prison et de ses gardes jusqu’au tarmac d’un aéroport’’, ont-ils renchéri. La Fncl prévient, par ailleurs, le régime qu’il sera “responsable de tout ce qui pourrait arriver à ce pays, si toutefois leurs libertés démocratiques de participer à la présidentielle de 2019 sont entravées pour satisfaire un candidat sortant frileux qui veut se choisir ses adversaires en éliminant de la course tout prétendant sérieux’’.

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