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Corruption, Electricité, Santé … : La leçon de vie du Khalife général des tidianes

Le Khalife général des Tidianes qui a reçu différentes délégations a délivré des leçons de vie aux fidèles sur l’hygiène, la corruption, la transhumance politique, entre autres… Morceaux choisis

 

 Corruption

«La mission de l’Ofnac (Office national de la lutte contre la fraude et la corruption) est très noble. Mais ce sera difficile d’endiguer la corruption au Sénégal. L’année dernière, des politiciens sont venus me voir en période de Gamou. Dans leurs discours, ils ont dit qu’ils luttaient contre la corruption. Je leur ai dit que les politiciens sont les premiers corrupteurs. Ils distribuent des enveloppes dans tous les foyers religieux. Ils viennent seulement à cette occasion et puis disparaissent. Quand on donne une enveloppe à un marabout, c’est parce qu’on veut qu’il vous caresse dans le sens des poils. Les guides religieux ont aussi une responsabilité sur ce fait. Ils ne doivent pas cautionner de telles pratiques. Parce qu’ils doivent être les premiers à s’interroger sur l’origine de l’argent qu’on leur donne. Certains gagnent licitement leur argent, mais d’autres le volent. Et vous ne verrez jamais quelqu’un justifier la source de son avoir, parce que c’est souvent illicite. Quand un disciple donnait de l’argent à El Hadji Malick Sy, il le distribuait aux fidèles. Il ne l’utilisait jamais pour donner à manger à ses enfants. J’ai vu mon père, Serigne Mansour, ensuite Abdoul Aziz Sy Dabakh procéder de la sorte. Même s’ils acceptaient ces dons, ils se souciaient toujours de leur provenance. El Hadji Malick avait même cessé de manger de la viande. Puisqu’il se disait que la viande pouvait provenir d’un animal qui est peut-être entré dans le champ d’autrui. C’est parce qu’il y a trop de pourriture dans le pays que la corruption y est devenue monnaie courante. Aujourd’hui, des gens bien nés sont devenus des esclaves de l’argent. On ne peut pas avoir l’agrément de Dieu dans ces conditions. Nous vivons cela dans les foyers religieux. Souvent lorsque quelqu’un vient voir le marabout, on lui rétorque qu’il est indisponible. Il suffit qu’un autre arrive et donne de l’argent, pour qu’on le conduise auprès du marabout. Ces actes sont à bannir dans nos comportements. Il en est de même souvent dans les mausolées. Si tu débourses, on vous ouvre les portes pour que vous puissiez faire vos «ziars». Certes, l’Etat a créé ce corps de contrôle (Ofnac) pour lutter contre la corruption, malheureusement, il est trop impliqué dans les dossiers judiciaires en instruction. Ensuite, l’argent que le gouvernement distribue dans les foyers religieux appartient aux contribuables sénégalais. Cela doit être investi dans le pays pour créer des infrastructures. Un jour, le Président Abdou Diouf avait envoyé beaucoup d’argent à Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh. Après le Gamou, Serigne Abdoul a envoyé une délégation au Palais pour lui restituer l’argent. Il lui a dit que cela appartenait aux Sénégalais, puisque ce n’est pas sorti de sa poche. Serigne Abdoul ne pouvait s’autoriser de manger de l’argent illicite. Un marabout qui reçoit des «adiya», quand vous l’entendez se confondre en remerciements, c’est parce qu’il a reçu une grosse enveloppe. Prions pour que Dieu change les mentalités et les comportements. L’argent a corrompu les mœurs. Il faut que les Sénégalais retournent aux valeurs de probité et d’intégrité pour bâtir un Sénégal juste.»

Electricité

«C’est bien pour la Senelec de travailler à améliorer la qualité de l’électricité, mais le plus important pour le consommateur, c’est tout juste avoir du courant chez lui. La qualité lui importe peu. J’interpelle le Directeur général, Mouhamadou Moctar Cissé, sur les cartes prépayées de la Senelec (Woyafal). La Senelec n’en dispose pas assez. Il y a toujours des ruptures dans les agences. Je conseille à la Senelec d’en chercher davantage pour permettre à chaque foyer d’en disposer. Personne n’aura plus une dent contre vous lorsque vous lui coupez le courant, parce qu’il n’a pas payé sa facture. Beaucoup de ménages sont démunis à Tivaouane. C’est pourquoi, il y a un taux élevé de familles qui ont souvent des arriérés de factures. Il leur faut faciliter les transactions par des moratoires. Pour les cartes prépayées, c’est plus facile à gérer. Le consommateur achète de l’électricité, il s’alimente. S’il ne le fait pas, il n’en disposera pas. L’extension du réseau électrique aussi me tient à cœur. Le département de Tivaouane a connu une extension (de 7 000 hectares). Des lotissements y sont en vue. Il faut tout faire pour que l’électricité y arrive. C’est une priorité pour notre commune. Dans les localités où il n’en existe pas, les populations viennent se plaindre auprès de nous. C’est le même cas pour l’eau. Il faut des branchements sociaux pour les ménages. C’est seulement en période de Gamou que nous pouvons solliciter tout cela de l’Etat.»

Santé

 «L’hygiène fait partie de l’Islam. Le Gamou est une manifestation universelle. Je recommande aux fidèles de prendre soin de l’eau. Souvent, elle est exposée à l’air libre. Des particules invisibles à l’œil y pénètrent. Cela est source de maladie. Mieux vaut prévenir que guérir. C’est donc toujours bon d’y plonger des aquatabs pour prévenir les invasions des microbes. A Tivaouane, les fosses septiques dominent dans les concessions. Les sanitaires reçoivent des gens sains ou malades. J’exhorte le service d’hygiène à prendre des dispositions pour le contrôle et le vidange des fosses septiques. Le centre d’épuration des boues de vidange doit être aussi bien entretenu. Il y a des odeurs qui s’y dégagent. Il y a les mouches qui s’y posent et atterrissent sur les aliments. Il faut gérer tout cela pour qu’il n’y ait pas de nuisance. Je vois des pèlerins qui marchent pendant toute la journée. Quand ils ont soif, ils boivent directement l’eau du robinet avec leurs mains sales. Cela peut être à l’origine de maladies. On se salue plusieurs fois dans la journée. Malheureusement, quand vous refusez de donner la main, on vous diabolise. Ce sont des actes que nous minimisons, mais qui peuvent nous coûter chers. La propreté est une recommandation de Dieu. Il faut être propre pour adorer Dieu. Le Prophète Mouhamed (Psl) recommandait, lors des manifestations de fortes affluences, à ceux qui risquaient de contaminer les autres, de rester chez eux. Le service d’hygiène a changé beaucoup de choses dans son mode opératoire. Il vérifiait les canaris, les bassins d’eau. Les agents ne le font plus. Et quand les bassines d’eau n’étaient pas bien entretenues, ils fixaient des amendes. Les Sénégalais ont peur des amendes. Puisque le service d’hygiène ne verbalise plus, chacun fait ce qu’il veut. Certaines pratiques portent préjudice aux populations. A Tivaouane, il n’y a pas de système d’évacuation. Il faut donc que les boues de vidanges soient versées dans le centre d’épuration qui doit être bien entretenu. Ce n’est pas facile de désinfecter toutes les maisons. Parce que certaines familles sont récalcitrantes. Elles vous opposent un niet sous prétexte que le service d’hygiène va polluer leur couscous.»

Brassards rouges

«L’Etat engage des chantiers sans disposer de moyens qui font toujours défaut. Mais il faut évaluer les besoins et les soumettre à l’autorité. Dans les foyers religieux, l’Etat y prend toujours des engagements. Le gouvernement ne dit jamais non aux sollicitations. Dans l’éducation, la santé et presque dans tous les secteurs, les Sénégalais revendiquent leurs droits. Malheureusement, les manifestants oublient les réalités du pays. Le Sénégal est un pays pauvre. Les Sénégalais doivent arrêter de porter des brassards rouges. J’entends même certains revendiquer en mettant leur vie en gage. Puisque le pays est pauvre, les ressources doivent être gérées de manière rationnelle. L’Etat fait beaucoup de promesses et peu de réalisations. Souvent, le gouvernement engage des entreprises privées pour réaliser des travaux, il reste ensuite presque une année sans les payer. C’est pourquoi, beaucoup de chantiers finissent par être à l’arrêt. Il faut que l’Etat paie ces entreprises privées qui réalisent des chantiers pour lui.»

Médicaments périmés 

«Il faut des sanctions fortes. On gère beaucoup de choses par des sentiments. Quand un individu est verbalisé, il vient demander une intervention auprès des marabouts. Les guides religieux doivent cesser de protéger les malfaiteurs. Les produits périmés sont dans toutes les boutiques, même dans certaines pharmacies. Les Sénégalais sont seulement préoccupés par l’avoir. La manière de gagner de l’argent importe peu. L’origine de l’argent aussi intéresse peu les gens, sous prétexte que l’argent n’a pas d’odeur. Ils sont même capables de vendre du poison pour tuer les consommateurs. Ce n’est même pas sein de vendre de la viande exposer en plein air. Il faut être impitoyable avec les commerçants qui vendent des produits contrefaits. Il faut les sanctionner, sinon les populations vont en pâtir. L’absence de sanctions et la protection des marabouts ont un mauvais impact sur le pays.»

Sécurité

«J’ai souvent l’habitude de dire aux Forces de l’ordre qu’on ne peut assurer la sécurité des pèlerins. Il faut prier pour que Dieu nous protège. La protection de Dieu est plus sûre.»

 

Source L’Observateur

 

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