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Elage Diouf, musicien : Parcours élogieux d’un enchanteur

Le musicien sénégalais établi au Canada, Elage Diouf, vient de sortir un album remix intitulé « Black to Jolof » composé de cinq titres et destiné au public sénégalais qu’il promet d’enchanter le 30 décembre prochain au Théâtre national Daniel Sorano. L’artiste continue d’emprunter son allée de succès. Il a réussi la prouesse, par son génie, à concilier les rythmes d’ici et d’ailleurs et à satisfaire des publics de cultures différentes. Retour sur un parcours prodigieux.

Elage Diouf écoute calmement un jeune journaliste sur les nerfs convié à la séance d’écoute de son album remix « Back to Jolof ». Il lui adressait quelques remontrances car l’artiste est venu largement en retard bien qu’il se soit excusé. Face au râleur, il conserva une attitude gracieuse, bienveillante et surtout courtoise malgré la véhémence du propos. Il y a dans le sourire et le geste d’Elage Diouf une humanité profonde, une simplicité touchante. Le talent en rajoute à la fascination.

L’enfant des Hlm de Dakar a conquis le monde et rehaussé la fierté des siens. Sur son allée de grâce et de succès, il a gardé ce qu’il y a de plus précieux chez les hommes itinérants, leur identité, sans laquelle l’œuvre plonge dans l’anonymat. Elage, lui, est parti au Canada presque dans l’indifférence, il y a un un peu plus de deux décennies, mais revient au pays natal comme un enfant prodige qui soulève les foules.

C’est pourquoi, sa musique évoque l’universel et suscite écho sur les deux « rives ». « Ma musique est une sonorité du monde parce qu’elle touche le cœur, peu importe la langue. Par des pièces festives, j’entremêle des cultures de divers horizons, des sons chauds et dansants qui donnent envie de se mouvoir et mettent en symbiose le corps et l’esprit », confie-t-il, dreadlocks surplombées par une coiffure majestueuse. Sa musique éclectique évoque une pluralité, un métissage en même temps qu’elle fixe, dans la mémoire sonore, les rythmes de son terroir. Ce maître percussionniste vogue entre le pop, le blues, le folk soumis à la fureur de l’« Asiko » pour donner à savourer une hybridité exquise résultant de son génie et de son ouverture ; cette ouverture qui lui a permis de collaborer avec plusieurs artistes comme Carlinhos Brown, Peter Gabriel et Andrés Cepeda, André « Dédé » Fortin et son groupe, les Colocs.

En tant que co-auteur de la chanson « Tassez-vous de d’là », Élage Diouf s’est vu décerner le prix Echo de la chanson Socan. Ses succès, prémices d’une belle carrière, lui donnent l’occasion de participer, à titre d’artiste-vedette, à la tournée mondiale du spectacle Delirium du Cirque du Soleil. L’auteur de « Dekoulo Fi » y engrange une expérience considérable qui lui permet de poursuivre sa marche vers les cimes des merveilles. « J’aime partager, avec les gens, ma joie sur scène. Le bonheur que je leur procure me donne une énergie formidable et me ravit », dit-il. Ici, tout est question d’enchantement et de gaieté. Le public chante, danse et saute avec lui. Il y a comme une fusion créée par sa voix grave et caverneuse qui fait de cet homme, d’une corpulence imposante, un artiste singulier.

Poète wolof
Son premier album, « Aksil », sorti, en 2010, au Canada, est de ces merveilles qui défient le temps et abattent les cloisons culturelles. Il chante, pour l’essentiel, en wolof et transporte ceux-là qui n’y comprennent rien mais qui sont subjugués par ses prouesses vocales et rythmiques.

Cette première production est couverte d’éloges et d’honneurs. Elle remporte les prix Juno de l’album de musique du monde de l’année et Félix au gala de l’Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (Adisq). Il est également nommé artiste révélation de Radio-Canada. Il s’ensuit le prix Hagood Hardy-Musique du monde, le Galaxie rising star…

En 2015, Elage Diouf reste dans sa dynamique et sort son deuxième album solo, « Melokaane », qui montre la richesse de sa palette. Le poète wolof n’est pas dans la fulgurance. Il est dans la constance des âmes bénies du rythme. Cette œuvre, co-produite avec Alain Bergé, tient toutes ses promesses. L’artiste sénégalais y collabore avec le chanteur Johnny Reid et le guitariste Jordan Officer. La critique est extrêmement positive. Elle est même dithyrambique. « Melokáane » est nominé dans la catégorie Album de l’année – musiques du monde au Gala de l’Adisq. Élage Diouf, grâce à cette production, est finaliste au prix Charles-Biddle et reçoit une attestation officielle du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion du Québec pour sa contribution exceptionnelle au développement culturel et artistique québécois. L’Assemblée nationale du Québec en a fait de même. L’Amérique célèbre son talent. Le monde l’approuve à l’unanimité. Et l’Afrique en tire une fierté.

 

Le Soleil

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