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Entre nous, Monsieur Madiambal Diagne ! (Massamba Ndiaye)

e chronique en chronique, le journaliste Madiambal Diagne se comporte comme un employé voire même le larbin du président de la République, monsieur Macky Sall pour s’autoriser des sorties à la gloire de son maître. Il réalise de fait la mission de la cellule de communication du palais.

Que je sache monsieur Madiambal Diagne ne travaille pas dans aucun des médias du service public, qui ont par ailleurs oublié leur mission  voire leur rôle de passeur de relais entre les citoyens et les autorités en toute objectivité.

De surcroît en tant qu’acteur de la presse privée, monsieur Madiambal Diagne s’affranchit des limites même de l’objectivité dans le traitement de l’information. Il peint un tableau fabuleux pour notre président par défaut monsieur Macky Sall et par ricochet se défoule sur l’opposition sénégalaise en utilisant sciemment des raccourcis trompeurs en vue de la discréditer devant l’opinion.

En politicien et membre reconnu et assumé de la mouvance présidentielle Benno Bokk Yakaar, nous n’aurions rien à dire de ses affabulations. Mieux, les chroniques du journaliste au  service du palais seront jugées voire considérées comme des propos de politicien de la dimension d’un Moustapha Cissé Lo , d’un Abdou Mbow ou encore d’un autre thuriféraire zélé.

Dans votre dernière chronique « Ridicules…. », on peut toutefois vous concéder le fait qu’une partie de l’opposition soit inconséquente dans sa démarche de porter son combat contre le chef de l’Etat, monsieur Macky Sall auprès du président français monsieur Emmanuel Macron, mais pas pour les mêmes raisons que vous évoquez. En effet, l’opposition sénégalaise se trompe d’interlocuteur. Le président français Emmanuel Macron est bien dans son rôle.

Il a trouvé en notre président par défaut le parfait auxiliaire de la Métropole pour exécuter froidement ses moindres desiderata en vue de faire gagner davantage de marchés aux entreprises françaises. L’opposition sénégalaise feint d’oublier que le président français n’est nullement le défenseur de nos droits et libertés.  Il n’a que faire du recul de nos acquis démocratiques à partir du moment où les intérêts de la France sont protégés voire valorisés par un de leurs meilleurs collaborateurs en la personne de monsieur Macky Sall sur le sol africain.

Il demeure essentiel que la classe politique sénégalaise clarifie sa position sur le rôle prépondérant de la France dans notre pays. Toutefois, rien n’interdit  à un politicien sénégalais de séjourner en France voire même d’y posséder des biens immobiliers si  ces derniers ont été acquis de manière licites loin de toutes prévarications de deniers publics.

Dire également comme vous que la venue du président français Emmanuel Macron est une réussite sans commune mesure nous laisse perplexe. Et pour qui ? En tout cas, pas pour l’économie sénégalaise. La politique économique mise en œuvre par votre allié de circonstances depuis son arrivée à la tête du pays est orientée et pilotée au service exclusif des intérêts de ses maîtres français.

Dites nous également,  en quoi la visite du président Macron au Sénégal est un honneur de plus à notre président par défaut, monsieur Macky Sall  qui déplaît profondément à l’opposition sénégalaise ?

Entre nous, monsieur Madiambal Diagne et sans nous mentir, nous savons que votre portrait de complaisance du président Macky Sall ne correspond pas à la réalité objective. Les citoyens sénégalais savent parfaitement en dépit même de la mobilisation de certains opportunistes et bénéficiaires des largesses indues du président Macky Sall au détriment du peuple pour faire de cet événement une réussite, que le chef de l’Etat n’est pas un modèle de vertu et de probité dans la gestion de nos deniers publics voire de nos potentialités économiques.

On peut sans risque de nous tromper dire que le Sénégal sous le président Macky Sall se comporte de fait comme un département français. En vérité,  les intérêts de l’Etat français  sont mieux pris en compte dans l’attribution des marchés publics sénégalais depuis l’indépendance. Nos autorités publiques n’ont plus de marge de manœuvre significative pour oser un refus même  courtois à leurs  homologues françaises en vue de mettre en avant la défense de nos intérêts légitimes,  une nation libre, prospère et maître de son orientation économique et sociale.

Non, monsieur Madiambal Diagne, la visite du président Macron au Sénégal n’est pas en l’honneur du chef de l’Etat, monsieur Macky Sall. Elle s’enracine dans la tradition française depuis la colonisation de faire du Sénégal le bastion du rayonnement de sa culture et de sa puissance économique en Afrique subsaharienne. Elle consacre de fait la servitude volontaire du président Macky Sall et son alliance stratégique avec les autorités françaises pour rester encore au pouvoir.

Toutefois, il demeure un obstacle infranchissable pour le camp du pouvoir et de ses thuriféraires zélés à l’instar du journaliste Madiambal Diagne. C’est  le peuple seul qui a les cartes en main pour élire son prochain président de la République et non la France malgré son positionnement et le prises de position discourtoises  de son ambassadeur dans nos affaires intérieures en faveur du régime.

Enfin, monsieur Madiambal Diagne,  en homme libre, honnête et courageux, il est temps pour vous de laisser vos œillères et de clarifier votre rôle dans le paysage médiatique. Soit vous êtes un journaliste respectueux de la déontologie,  du traitement objectif de l’information et prêt à être au service de cette noble mission, soit vous êtes un politicien de l’APR au service de la défense des intérêts du président Macky Sall.

Cette clarification est plus que nécessaire, même si elle constitue un dilemme  cornélien pour vous. Il faut oser ce pari mon cher Madiambal Diagne afin de contribuer encore à l’indépendance et au devoir de critique et de veille de la presse privée sénégalaise.

Ce mélange des genres sciemment entretenu par vous dessert de facto la rédaction du journal Le quotidien en moins que : le journal, c’est vous. Que faites vous du travail et de la liberté de conscience des journalistes de votre groupe de presse ? Sans doute que ça n’a aucune importance pour vous puisqu’ils reçoivent leurs traitements de vous.

Alors, il faut illico presto rebaptiser le temps de la gouvernance du roi de la cour de Benno Bokk Yakaar votre journal par ce nom évocateur « Le Quotidien de Macky » et la messe est dite.

Massamba Ndiaye

massambandiaye2012@gmail.com

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