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Il faut sauver le soldat Macky Sall

On ne répond pas à une ineptie, surtout lorsqu’elle émane d’un aliéné mental reconnu à travers le monde. Cette idiotie a poussé le président de la République à la faute que, à tout Kassé, un répondeur automatique a voulu encore endosser, enfonçant un auteur qui refuse les droits à Me Wade sur sa chute de 2012.

Si c’est une habitude, dans la communication d’État, de se laisser aller, à défaut d’être accusé de plagiat, depuis le dernier communiqué, relatif à la crise en Casamance après le massacre du 6 janvier, le gouvernement est en pleine sinistrose devant ce que pourrait être sa disparition en 2019.

La sinistrose s’est emparée du pouvoir qui crie au sauve-qui-peut : Macky Sall prédit sa défaite dans les récents avertissements lancés à ses ouailles et refuse les droits d’auteur à Me Wade dont le régime s’était emmêlé les pinceaux avec les mêmes Cassandre avertissant sur les conséquences d’une défaite ; depuis, il n’est plus question que de cette éventualité : « Si Macky Sall tombait », pour un verre à moitié plein, ou : « Il faut sauver le soldat Macky Sall », pour ceux qui voient le verre à moitié vide.

Dans ce stress général, on se laisse aller facilement à la faute en essayant de faire feu de tout bois : le régime de Macky Sall tendant la main sur l’autoroute de l’aide internationale se prend pour le culturel « bêcheur de cette race noire » qu’il faut continuer à aider, cinquante ans après les indépendances, sans dénoncer cette politique de la main tendue et ses conséquences sur la prévarication des deniers publics ; ainsi, les faramineuses sommes égrenées à longueur de journée par une presse officielle complaisante heurte la dignité de populations de plus de plus paupérisées : l’euphorie entrevue avec Me Wade se dilue dans un emprunt au nouveau locataire du palais présidentiel dont le seul nom équivaut aux sept péchés d’Israël.

Conséquence, le pouvoir tire à tout va, sans trier la bonne graine de l’ivraie. Ainsi en est-il depuis quelque temps avec une communication d’État et gouvernementale qui a toujours été son point faible : Cheikh Sidiya Diop a réagi avec ses propres lacunes à ce qui semble être de tradition dans le logos gouvernemental : « J’ai relevé 279 fautes en l’espace de 10 jours (la lettre d’Aliou Sall du 2 janvier 2018, le communiqué du Conseil des ministres du 3 janvier 2018, le communiqué de Seydou Guèye du 6 janvier 2018 relatif à la Casamance et enfin le tweet du Président Macky Sall(12 janvier). »

Il y a ailleurs des accusations de plagiat d’un article de journal, le lapsus sur la lettre de l’émir du Qatar (un conseiller a eu l’imprudence de l’évoquer  et de menacer d’en divulguer la teneur), l’évangile selon saint Luc dont le sermon œcuménique a indigné les fidèles casamançais de tout bord, les laudateurs proches qui enfoncent le Président tant ils ont été maladroits dans leur argutie tendant à confondre ceux qui prennent leur héros pour epsilon (l’éternel Mbaye Ndiaye dont la dernière sortie lors de l’installation du mouvement de Racine Sy est une véritable catastrophe, comme toujours, et, curieusement, Alioune Fall d’habitude plus pondéré et séduisant dans son heuristique, etc.)

La hantise du second mandat pousse le pouvoir à la faute et il devient dangereux pour lui-même et pour le Sénégal. Pire : sa coalition  le regarde se noyer sans bouger le petit doigt, tant l’erreur est là d’avoir fait revenir ceux que les électeurs avaient mis de côté et dont le charisme s’étiole de plus en plus avec l’alternance générationnelle qui sonne dans les partis démocratiques et même au sein de la Nomenklatura debout.

Ailleurs, la formation du président de la République s’entredéchire : cinq ans après son arrivée au pouvoir, il demande toujours à ses troupes de se mobiliser et de lui éviter l’affront d’un second tour. Apparemment, la majorité acquise avec les législatives du 30 juillet ne semble de bon augure pour celui qui estime qu’il serait allé au second s’il s’agissait d’une présidentielle.

 

Pathé Mbodj, journaliste

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