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La richesse du continent africain et le paradoxe de l’immigration

De manière incessante, l’histoire a démontré que l’Afrique est le continent le plus riche du monde, en termes de ressources humaines et naturelles. L’ironie du sort est que les Occidentaux sont plus développés que nous, et pire nous ne faisons même pas le poids face aux Asiatiques. Ce qui fait que nos frères et sœurs africains songent toujours à l’immigration, qu’elle soit clandestine ou pas ; pour eux, l’essentiel c’est de partir, de tenter l’aventure et de peut-être saisir l’occasion de sortir de la misère. C’est en partie la cause de ce que nous vivons aujourd’hui en Libye avec le trafic des hommes noirs.

La problématique majeure, c’est que les Africains n’ont pas vraiment pris conscience des enjeux socio-économiques qui secouent le monde. Cette absence de conscience fait que nous sommes restés dans l’ombre des ténèbres depuis des siècles. De la traite négrière aux indépendances, en passant par la colonisation et le néocolonialisme, les Africains continuent toujours de pleurer et de souffrir de ces exactions, produites il y a plusieurs siècles. Si nous voulons nous développer, il faut que nous nous départions de cette nostalgie inhibitrice et de cette conception irresponsable qui rejette tout sur l’autre. Il faudrait que nous arrêtions de rejeter le tort sur l’homme blanc car le moment est venu pour nous de nous révéler. Or la grande question est plutôt de savoir si l’Africain ressent vraiment l’envie de se développer comme s’en interrogeait l’intellectuelle camerounaise Axel Kabou dans son ouvrage «Et si l’Afrique refusait le développement». 

Pour aider à voir plus clair, on citera S. Khadim Mbacké (fils de Serigne Abass, Khalife de Darou Mouhty) qui, dans un article publié par Senego, déclare qu’«aussi loin que j’envoie mon imagination, je ne vois aucune lueur dans les ténèbres où mon continent se trouve». Cette opacité pousse des jeunes Africains à vouloir rejoindre les lueurs qu’ils aperçoivent à travers les interstices de l’Europe, en traversant au péril de leur vie la jungle libyenne où ils tombent le plus souvent dans le guet-apens tendu par des prédateurs humains.

Comprenons donc que la faute nous revient de ne pas avoir fait scintiller la lumière de l’Afrique, berceau de l’humanité. Ainsi la responsabilité n’incombe qu’aux Africains qui doivent marquer l’histoire à travers une révolution intellectuelle génératrice d’un modèle économique sise sur une réforme politique profonde.

Le rôle premier d’un Etat, c’est de protéger ses citoyens. Si aujourd’hui, l’Africain est à la merci des autres, comme ce fut le cas à l’époque de la traite négrière et de la colonisation, notre citoyenneté n’a alors pas de sens. Et Senghor, Sankara, Césaire, Mandela, Cheikh Anta Diop… auront sacrifié inutilement leur temps et leur vie pour une cause qui est pourtant nôtre. Vu le manque de courage politique de nos autorités politiques, vu l’absence d’une réelle politique de développement économique, on peut penser que si les autres puissances avaient décidé de nous (re)coloniser ou de nous réduire encore en esclavage, ils auraient pu réussir sans difficulté.

C’est à travers une volonté collective que nous rentrerons et resterons dans l’histoire. L’Afrique est le continent de demain, mais le serait-elle pour nous ou pour les autres ? La situation actuelle du Continent nous fait croire qu’elle ne le sera pas pour les Africains. Si notre continent suscite tant de convoitises, c’est grâce à ses richesses et ses ressources naturelles énormes.

Alors pour éradiquer ce fléau migratoire et éviter une calamité esclavagiste qui peut décimer notre jeunesse valide, source du développement de l’Afrique, il nous suffit juste de prendre en main notre destin, en définissant une nouvelle vision sise sur une politique de développement propre boostée par des dirigeants visionnaires, patriotes, intègres et vertueux.

Bocoum Alassane Loïc, Philosophe-Manager

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