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Thierno Bocoum conseille à Macky Sall de « renoncer à la présidentielle de 2019 »

Thierno Bocoum demande au président Macky Sall de prendre la décision qui s’impose, à savoir suivre la voie de François Hollande et de ne pas se présenter à l’élection présidentielle de 2019. ‘’Avec son bilan désastreux, Macky Sall n’a aucune chance de passer en 2019’’, estime le patron d’AGIR. Entretien exclusif !

Qu’est-ce qui vous a motivé à créer Alliance générationnelle pour les Intérêts de la République?

L’Alliance générationnelle pour les Intérêts de la République est le fruit d’une mûre réflexion sur la situation du pays et sur les énormes attentes des populations. Nous avons considéré qu’il est temps d’agir sous de nouveaux paradigmes. Notre pays souffre aujourd’hui de politiques centrées sur des Intérêts crypto-personnels, au détriment de l’intérêt général. Sans compter une politique économique extravertie qui tue nos entreprises locales et freine la courbe de l’emploi dans notre pays. Nous sommes presque sous perfusion et dépendons totalement de l’extérieur. Et ceci, même pour éteindre un feu. Alors que notre pays regorge de richesses. Une richesse mal exploitée et vendue à vil prix pour asseoir de bas Intérêts personnels. Une richesse qui ne profite pas aux populations dont les enfants préfèrent traverser le désert au risque de se faire vendre comme des esclaves en Libye, pour tout simplement pouvoir vivre dignement.

A votre avis, comment s’opéreront ces changements ?

Il y a donc urgence à agir. Cependant, les changements ne pourront se faire qu’à travers une approche courageuse et patriotique. Seuls ceux qui sont décomplexés et désintéressés pourront y arriver. Nous appelons alors notre génération à agir. Celle-là éprise d’éthique et de justice. Que les jeunes et moins jeunes qui se retrouvent autour de ces valeurs s’unissent pour lutter contre l’injustice et la délinquance politique. Agir avec courage et abnégation pour que notre pays retrouve sa dignité et qu’il fasse rêver ses filles et ses fils. Nous pensons que notre génération a tout ce qu’il faut pour changer la donne et elle reste ouverte à toutes les expériences, sauf celles qui nous confinent dans les pratiques classiques de gouvernance. Nous ne voulons pas d’une expérience qui nous impose le statu-quo. Il faudra que les choses changent. Mais dans notre démarche, nous sommes pour une alliance générationnelle. Nous considérons que le leadership dans notre pays est diversifié et éparpillé. Le paysan leader est également un Sénégalais dont l’expertise doit compter. De même que l’artisan, le journaliste, l’ingénieur, le marchand ambulant…Ils sont nombreux ces Sénégalais qui sont conscients de la nécessité d’aller vers des changements, mais qui évoluent dans des domaines différents. Nous devons tous nous retrouver pour aborder ensemble le sujet Sénégal. Ce n’est pas demain ou après-demain qu’il faut agir. C’est maintenant qu’il faut agir avant que cela ne soit trop tard. Il y va de notre responsabilité.

Votre démission à Rewmi n’est-elle pas liée à votre ‘’frustration’’ des investitures ?

J’ai quitté Rewmi par convenance personnelle. Cela n’a rien à voir avec les investitures. Ils sont combien à être investis sans qu’ils ne soient députés? Je rends grâce à Dieu sur mon parcours à l’Assemblée nationale. Et je suis fier de ma petite contribution dans ma coalition en ayant mené campagne à Thiès, Dakar, Rufisque… pour le triomphe de notre coalition. Je souhaite bonne chance aux députés élus dans leur mission républicaine. Aujourd’hui, j’ai d’autres challenges et je m’y concentre à fond.

Thierno Bocoum a-t-il une ambition présidentielle. Seriez-vous candidat en 2019 ?

Notre ambition est de secourir les Sénégalais et de veiller à leur émancipation. Nous sommes au service de notre peuple. Le moment venu, cette question sera débattue au sein de AGIR. En ce moment, il ne s’agit pas de traiter une ambition personnelle, mais bien de s’occuper de l’intérêt supérieur de la nation.

Avec le désengagement politique, la montée de l’abstention et le désintérêt pour les partis traditionnels, quelle est votre opinion sur la santé des partis politiques ?

Le problème ce ne sont pas seulement les partis politiques. Le problème fondamental se pose au niveau de l’échiquier politique avec des acteurs qui commencent à perdre de la crédibilité aux yeux de l’opinion. La transhumance, le mensonge, les coups bas, l’hypocrisie… sont des comportements qui font légion sur l’échiquier politique. Les Sénégalais ont même tendance à mettre tout le monde dans le même sac pour ne pas se tromper. C’est une situation préjudiciable non seulement aux acteurs politiques, mais également aux populations sénégalaises, car ce sont ceux qui concourent aux suffrages des populations qui auront le privilège et la légitimité de décider à leur place. C’est pourquoi, au lieu de se détourner de la politique, il faut plutôt penser à la sauver en travaillant sur l’existence d’une masse critique de personnes imbues de valeurs et capables de renverser la tendance une fois qu’elles se retrouveront au niveau des sphères de décision.

Croyez-vous au renouvellement de la classe politique ?

C’est inéluctable. Mais il ne faudrait pas que le renouvellement se limite juste à l’âge. Il faudra changer de manière de faire de la politique. Chaque leader a dû s’adapter à son époque, mais en ce qui nous concerne, nous devons agir autrement.

Ce qui s’est passé en France avec la phagocytose des partis par Emmanuel Macron, peut-il se reproduire au Sénégal ?

Le Sénégal n’est pas la France, mais les changements s’opèrent partout. Il faut des solutions pour répondre aux crises profondes dans nos pays et à l’échec des pratiques classiques de gouvernance.

Quels sont les chances de Macky pour rempiler en 2019 ?

Je ne lui vois aucune chance et je suis vraiment sincère. Je pense qu’il doit suivre la voie de François Hollande et ne pas se présenter à la prochaine élection présidentielle. Il a échoué, et largement d’ailleurs.

Une opposition désunie face à un BBY uni, Macky n’est-il pas en roue libre ?

L’enjeu en 2019, ce n’est pas l’unité de l’opposition. Cette unité était plutôt attendue en 2017 avec les élections législatives, compte tenu du mode de scrutin. Pour l’élection présidentielle, l’enjeu c’est la barre des 50%. Si Macky obtient un résultat en deçà de la barre des 50%, il ira au deuxième tour. Que l’opposition soit unie ou pas.

Thierno Bocoum a-t-il une base politique ?

L’avenir nous le dira Incha Allah !

Talla Sylla compare Idrissa Seck à Hitler, quelle est votre opinion sur son jugement ?

Je pense que comparer un responsable politique à Hitler pour maquiller sa traîtrise est une insulte aux Sénégalais et aux victimes du nazisme. Sa décision d’aller rejoindre Macky Sall n’est qu’une confirmation, car de fait, il était déjà avec lui. En tant que membre du camp présidentiel, c’est donc normal qu’il s’attaque à l’opposition. Seulement qu’il se garde de donner des leçons.

Qu’est-ce qui vous a marqué le plus en cette année 2017 ?

Bien évidement c’est la mise sur pied du mouvement AGIR avec son adoption spontanée par des milliers de Sénégalais. D’autres événements m’ont évidemment marqué aussi. C’est le cas de l’emprisonnement arbitraire de Khalifa Sall. Je voudrais profiter de cette question pour souhaiter une bonne et heureuse année 2018 aux Sénégalaises et aux Sénégalais d’ici et de la diaspora ainsi qu’aux hôtes étrangers qui vivent parmi nous. Que 2018 soit pour tout le monde une année de paix, de santé et de prospérité.

 

Rewmi

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